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Retour à l’essentiel

Ce samedi, 24 mars, toutes les Sœurs de la province se sont réunies à Vertefeuille pour une journée de « retour à l’essentiel », animée par Sœur Gemma Simmonds,  Compagne de Jésus. Sœur Gemma, théologienne, est responsable de l’animation de la vie Consacrée et de la pastorale vocationnelle en Angleterre.
La journée fut lumineuse, à l’intérieur comme à l’extérieur. Le soleil dardait ses plus beaux rayons de printemps tandis que la parole chaleureuse de Sœur Gemma illuminait nos cœurs et nos visages. Chacune sentait vibrer en elle quelque chose des premiers jours de son histoire d’amour avec le Seigneur. C’était évidemment le but poursuivi par Sœur Gemma : nous ramener à la source de notre vocation.
Partant de la première épitre aux Corinthiens, notre animatrice nous fait comprendre que la faiblesse actuelle de la vie religieuse permet à Dieu de manifester sa Sagesse et sa force. Dans cette situation, nous vivons la vraie pauvreté, la vraie chasteté, la vraie obéissance. Elles sont pour nous forces d’espérance, d’amour, de foi.

Quelle est la réalité de la vie consacrée, aujourd’hui ?

Sœur Gemma nous rappelle que nous sommes disciples d’un Dieu crucifié, que notre force ne réside pas dans les apparences extérieures mais dans notre vocation vécue avec fidélité. « On dit qu’il n’y a plus de vocations mais j’en vois une trentaine ici, devant moi », constate-t-elle. « Que nous ayons dix ou cinquante ou soixante ans de vie religieuse, nous sommes une vocation, un sacrement de l’amour de Dieu pour le monde. Il ne faut qu’une femme amoureuse de Jésus-Christ pour que l’Evangile vivant soit proclamé ». Arrière donc les tristesses et les regrets de ne plus être ce que nous étions au temps de l’épanouissement des congrégations religieuses !
Sœur Gemma compare notre vie avec Dieu à celle d’un couple. A l’exemple de ces époux qui ne se supportent plus, sommes-nous devenues des femmes déçues, amères, qui ont oublié leur premier amour et ne lui font plus confiance ? N’avons-nous plus rien à dire à Dieu ? Sa parole ne nous intéresse-t-elle plus ? Ou bien, vivons-nous avec Dieu comme ces vieux époux, sûrs l’un de l’autre, qui se regardent en silence, dans la confiance et la communion des cœurs ?

Notre vie communautaire est un sacrement de l’amour de Dieu, un sacrement de la folie de Dieu. Elle n’est pas facile, surtout aujourd’hui. Nous risquons de nous laisser imprégner de la culture de notre société et de vivre les mêmes crises. Pourquoi, par exemple, avoir tout quitté, au début de notre vie religieuse pour vivre maintenant, d’une manière bourgeoise en communauté ? On en arrive même, parfois, à chercher les compensations : « J’ai sacrifié ceci ou cela, on doit me le rendre ». Nous sommes bien loin de la folie de Dieu !

D’autres se braquent sur les ombres de la vie religieuse et ressassent sans fin les blessures qu’elles ont reçues. Il faut « accepter de se laisser guérir ».  Nous n’avons pas à nous identifier par nos blessures mais par les grâces que nous avons reçues.
On rencontre parfois de grandes souffrances en communauté mais celle-ci est cependant un signe extraordinaire de solidarité pour tous. Ainsi, dans leurs limites physiques, les Sœurs âgées vivent la pauvreté, la chasteté, l’obéissance. C’est une vocation à la folie de Dieu. Elle enrichit l’Eglise.

Un autre écueil rencontré en communauté, c’est l’individualisme, à l’image de l’individualisme de notre société actuelle. Chacune a son projet, sa mission, ses relations. Il est bon d’avoir des engagements extérieurs, des amis extérieurs, mais il faut pouvoir les partager, en solidarité avec la communauté.

Les deux grands sacrements de la vie consacrée sont le pardon et l’Eucharistie. Pardonner ne vient pas de notre nature. C’est une grâce à demander. Nous avons trop souvent le langage de la condamnation et pas assez celui de la réconciliation. Cela vient du fait que nous nous sommes éloignées de Dieu. Nous ne devons jamais oublier, dit Soeur Gemma, que « nous sommes l’incarnation de la grâce de la réconciliation ». Nous redire souvent : « Dieu m’aime comme il aime l’autre qui me blesse ou m’impatiente ». Croire aussi que l’autre est capable de changer et ne pas l’enfermer dans l’aspect négatif qu’elle manifeste à ce moment.
Cela nous conduit à considérer l’aspect eucharistique de notre vie. Le corps du Christ, ce n’est pas seulement l’hostie, c’est aussi tous les autres, ce sont les Sœurs avec qui je vis. Cette certitude nous aide à réussir notre vie ensemble. Chaque jour devrait être pour nous eucharistie et réconciliation.

Après cette vivante interpellation, nous sommes invitées à partager, en petits groupes, le moment, ou l’événement déclencheur de notre appel personnel à la vie consacrée. Tout se passe dans la joie et la simplicité. Cela fait du bien à chacune de retourner au premier émerveillement face à la voix du Seigneur.

L’après-midi, un autre moment de vérité nous attend ! Il s’agit de répondre, toujours en petits groupes, à la question : « Si maintenant, des jeunes arrivaient pour devenir Filles de la Sagesse, quel essentiel leur enseignerions-nous ?
Les réponses fusent, les unes orientées davantage sur la formation à partir de la spiritualité, d’autres plus centrées sur la personne et ses aspirations. Les deux aspects, harmonieusement rassemblés, nous permettent de dégager l’essentiel. Une Fille de la Sagesse, c’est une femme qui se sait aimée par Dieu et qui veut  lui donner un retour d’amour. Elle vit, le cœur tourné vers Dieu et vers les autres, dans un grand respect du cheminement de chacune. Elle fait preuve d’humanité, de bonté, d’humilité, et privilégie les engagements envers les plus pauvres. Durant toute sa vie, elle approfondit sa connaissance de Jésus Sagesse et la spiritualité de la Congrégation. Elle vit à fond sa consécration à Jésus par Marie, dans une communauté fondée sur la prière, la simplicité, le dialogue et les relations fraternelles.

Ces quelques notes sont un pâle reflet de la richesse de l’enseignement de Sœur Gemma et, surtout, de sa ferveur à nous le communiquer. Nous nous séparons, heureuses de cette plongée dans l’essentiel de notre vie. Elle a rafraîchi nos cœurs.

Sœur Marie-Louise

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